Les troubles de la digestion et du transit

La tristesse, les difficultés à déglutir, la grande fatigue engendrée par une prise alimentaire longue et compliquée font que le malade de lui-même risque de limiter sa prise d’aliments.
Troubles de la déglutitionLa mastication peut devenir difficile avec un manque de synchronisation des mouvements de la langue et des joues, conduisant le patient à se mordre les joues et à avoir de grandes difficultés à décoller les aliments du palais pour les acheminer vers l’œsophage. On parlera de dysphagie.
Il faut rappeler que le processus de déglutition comporte 4 temps reposant sur des mécanismes complexes devant être parfaitement synchronisés pour être efficaces :
  • Les aliments broyés sont déplacés vers l’arrière de la bouche par le jeu organisé des muscles des joues et de la langue.
  • La masse des aliments va déclencher un réflexe, empêchant la nourriture de s’introduire dans la cavité nasale.
  • Le jeu du larynx de la langue permettra d’obturer les voies respiratoires.
  • Une contraction finale conduira les aliments dans l’œsophage.
A cela souvent est associée une fuite de la salive aux commissures des lèvres, due plus à une difficulté à déglutir la salive qu’à une hyperproduction de celle-ci. A ces différents troubles sont souvent associés des troubles respiratoires et on a tendance à ignorer combien les étapes respiratoires et leur déroulement synchronisé sont essentiels pour une expression orale correcte et une déglutition réussie.

La tristesse, les difficultés à déglutir, la grande fatigue engendrée par une prise alimentaire longue et compliquée font que le malade de lui-même risque de limiter sa prise d’aliments. Lien « je me nourris »
On aura recours aux conseils de la prise des repas. (je me nourris)

On peut utiliser des compléments alimentaires qui vous seront prescrits et qui ne doivent pas être à dominante lactée. (voir je me nourris)
On vous proposera peut être la mise en place d’une sonde de gastrostomie capable d’améliorer réellement votre vie au quotidien.
Elle est discrète, sans douleurs, efficace, tout en permettant le maintien de la convivialité du repas si importante. (lien la gastrostomie).<
Si la perte de poids était constatée sans limitation apparente des apports, il pourra vous être prescrit un anti dépresseur, Anafranil, par exemple.<
l’hypersalivationElle est fréquente et difficile à traiter.
Elle est à l’origine d’une grande gêne pour le patient, offrant faussement aux autres l’image d’une dégradation intellectuelle, alors qu’il n’en est rien ! Le patient reste pleinement lucide !
Il faut impérativement expliquer cela aux amis !
La salive peut être très fluide ou épaisse et il s’agit plutôt d’une difficulté de déglutition que d’une sécrétion abondante.

Si la salive est fluide :
  • Votre médecin peut vous prescrire des antidépresseurs qui ont la particularité d’assécher la bouche.
  • L’Atropine en collyre peut être utilisée en administrant quelques gouttes sous la langue si cela est possible. On peut aussi l’utiliser par voie générale.
    Dans les cas où l’émission de salive est abondante, on peut avoir recours à des injections de scopolamine ou à son utilisation en patchs.
  • Des injections de toxine botulinique A ou de la radiothérapie appliquée sur vos glandes salivaires peuvent vous être proposées.
    Evoquez bien avec votre praticien les avantages et inconvénients possibles de ce type de pratique.
    Une équipe au Texas montre dans 82% des cas une amélioration chez les patients ayant reçu une injection de toxine botulinique, par rapport à ceux sous placebo.
    Il faut renouveler le traitement après 10 à 12 mois.
  • Des irradiations par radiothérapies des glandes salivaires peuvent aussi être envisagées.
    Le Pr Clavelou et le Dr Guy de Clermont-Ferrand ont décrit des résultats discutables suite aux irradiations des glandes sous-maxillaires et parotides.
    Ces traitements peuvent conduire à une gène aussi pénible à supporter, consistant en une sécheresse excessive de la bouche.
Si la salive est épaisse :
Le traitement sera différent Votre médecin peut faire appel aux bèta-bloquants entraînant habituellement une sècheresse de la bouche.

Tous ces traitements sont à considérer pour l’effet positif recherché, en tenant compte des effets secondaires qu’ils peuvent provoquer et qui peuvent être tellement gênants qu’ils sera parfois préférable d’y renoncer.
RUSES ET TRUCS
En cas de salive profuse :
on peut utiliser des aspirateurs de salive type de ceux dont se sert le dentiste.
Attention : il est important de changer l’embout à chaque aspiration et de pratiquer une bonne hygiène buccale.
On peut placer un mouchoir en papier à son bras maintenu par un bracelet élastique.
le reflux gastro-oesophagien (RGO)Il est fréquent et particulièrement gênant par un retour dans l’œsophage du contenu acide de l’estomac.
Ceci provoque un ressenti de brûlures avec des renvois acides.
Des traitements anti-acide peuvent vous être prescrits.
Ils ralentissent l’absorption des autres médicaments.
Le bicarbonate de soude peut être utilisé. Votre médecin peut aussi vous prescrire des activateurs de la motricité gastrique.
Il faut s’abstenir de consommer simultanément du jus de pamplemousse qui peut modifier l’activité du médicament.
Ces principes actifs vont aussi avoir l’inconvénient :
-de réduire l’action des antifongiques parfois prescrits pour des mycoses, fréquentes dans cette maladie.
-d’augmenter l’action des benzodiazépines. lien « douleurs posturales »
la constipationElle est fréquente; plusieurs facteurs en sont responsables :
  • Réduction de l’activité physique.
    Faiblesse des muscles abdominaux et du diaphragme.
  • Repas insuffisants en fibres.
  • Hydratation insuffisante : elle doit être surveillée et traitée car elle peut avoir une répercussion sur l’atteinte respiratoire.
On peut remarquer parfois une alternance de diarrhée et de constipation : Ceci doit être signalé à votre médecin.

Comment se forment les selles ?
Dans l’estomac les aliments sont broyés et humidifiés.
Dans l’intestin grêle où ils sont conduits par des contractions indépendantes de la volonté et qu’on appelle péristaltisme, les éléments nutritifs sont absorbés.
Les résidus, toujours par péristaltisme, sont acheminés vers le gros intestin qui réabsorbe l’eau.
Il est clair qu’un séjour prolongé dans le gros intestin va conduire à des selles sèches et dures.

On pourra remédier à ce symptôme par :
  • Une alimentation riche en fibres par consommation de légumes, de fruits, de pain complet. Lien Je me nourris.
  • En buvant suffisamment lors et en dehors des repas - 2 litres de boisson par jour qui peuvent être : eau, eau gélifiée, café, thé, tisanes, jus de fruits à répartir selon les différents moments de la journée.
  • La kinésithérapie, par massages abdominaux, peut favoriser le transit.
  • Des médicaments, des lavements peuvent être prescrits.
Ils seront peu agressifs. Votre pharmacien vous conseillera des produits à base de lactulose, de glycérine, de sorbitol.
Ils seront en suppositoires, mini lavements, préparations buvables pour faciliter l’élimination des selles, lavements tièdes huileux.
Tartrate, sulfate, phosphate de sodium, de magnésium sont actifs mais un apport excessif en sodium n’est pas conseillé.
De même on évitera l’huile de paraffine car elle diminue l’absorption des vitamines A, D, E, K.
RUSES ET TRUCS
Un verre d’eau froide le matin avec un peu de lactulose (à ne pas placer au réfrigérateur), puis une pomme râpée avant le petit déjeuner, peuvent améliorer la situation.
Enfin la régularité du passage aux WC à heure fixe avec pendant quelques jours l’introduction au préalable d’un suppositoire à la glycérine peut favoriser l’élimination des selles.
Il ne faut pas être pressé, ni stressé !
les mycosesElles sont fréquentes et cela peut être en relation avec les remontées acides, amenant une modification de l’acidité de la salive faisant place aux mycoses, produites comme on le sait par des champignons microscopiques.
Le point de départ sera buccal, d’où la nécessité du soin à apporter à l’hygiène de la bouche, avec en particulier des bains de bouche au bicarbonate qui vont réduire l’acidité.
Elles peuvent s’étendre à tout le tube digestif, la peau, les organes génitaux.